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>> politiques et plans sectoriels // le pddeb <<
SOMMAIRE
1. Qu'est ce que le PDDEB ?
2. Les objectifs et les composantes du PDDEB
3. Stratégie de mise en oeuvre
4. Description du programme de la phase I du PDDEB
5. Budget de la tranche annuelle 2003 du PDDEB
6. Bilan partiel de mise en oeuvre du PDDEB
7. Le PDDEB levier de l'EPT


   

1. QU’EST-CE-QUE C’EST QUE LE PDDEB ?


Le PDDEB est une politique sectorielle de développement du système éducatif de base pour les dix prochaines années (2001-2010)
. Il privilégie l’approche programme avec une gestion axée sur les résultats.

Cette option se justifie par les faits suivants :

  • L’imputabilité des pays bénéficiaires dans l’atteinte des objectifs ;
  • La participation effective des populations bénéficiaires dans la mise en œuvre des actions de développement (planification – exécution – suivi/évaluation) ;
  • Le renforcement progressif des compétences locales en vue d’un réel transfert de compétences ;
  • Le développement du leadership à tous les niveaux.

Le PDDEB a été élaboré sur la base de l’approche participative dont le processus a été long. Le MEBA a bénéficié de l’intervention de plusieurs consultants et experts tant au niveau local qu’au niveau international.

Le cadrage macro-économique a fait l’objet d’une analyse exhaustive et pertinente conduisant à faire des arbitrages entre les objectifs et les moyens de mise en œuvre. Ce qui a permis de disposer d’un plan crédible et réaliste fondé sur des choix stratégiques tels que :

 

  • L’augmentation les ressources publiques allouées à l’éducation de base pour atteindre 20% en 2010 afin de concrétiser la priorité accordée à ce sous- secteur.
  • La recherche d’une meilleure pertinence dans les orientations et les modalités d’intervention de l’aide extérieure, ainsi que sa coordination par le ministère.
  • L’amélioration de la prise de décision par la mise en place d’un dispositif opérationnel d’information, d’évaluation et par le développement de la recherche en éducation surtout la recherche-action.
  • La poursuite de l’effort d’amélioration de la qualité et de l’efficacité du système éducatif de base, la réduction des redoublements, l’augmentation du temps d’apprentissage, la dotation d’un manuel de lecture par élève et d’un livret d’alphabétisation par apprenant, la révision des programmes, l’amélioration du dispositif de formation des animateurs et superviseurs etc.
  • La poursuivre de la rentabilisation des infrastructures existantes : extension des classes à double flux (CDF), et surtout des classes multigrades (CMG) à pratiquement toutes les écoles à trois classes, utilisation des infrastructures scolaires pour la mise en œuvre des campagnes d’alphabétisation adaptées.
  • L’amélioration de la gestion des personnels enseignants : gestion des carrières, conditions d’exercice du métier, redéfinition des différentes fonctions de gestion au niveau du ministère dans le cadre de la décentralisation.
  • La poursuite de l’effort de réduction des coûts des constructions et équipements scolaires avec une participation plus importante des communautés.
  • La mise en place de vraies possibilités d’auto-éducation avec l’introduction de changements significatifs au niveau des écoles : introduction des langues nationales, élaboration d’un programme noyau commun, diversification des formules d’éducation (écoles franco-arabes, écoles satellites, centres d’éducation de base non formelle (CEBNF), centres permanents d’alphabétisation et de formation (CPAF), centres d’alphabétisation des petits).
  • Le renforcement la prise en charge de l’éducation de base par les collectivités locales. Les mesures de décentralisation et de déconcentration se poursuivront avec de nouvelles responsabilités aux directions régionales. Le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) assure un rôle de concepteur, de régulateur, de catalyseur, des initiatives locales, de garant de la qualité, d’élaboration et de diffusion des grandes orientations, des principes d’action et des stratégies à privilégier en matière de développement de l’enseignement de base.



  
2. LES OBJECTIFS ET LES COMPOSANTES DU PDDEB


Le PDDEB poursuit les objectifs suivants :
  • porter le taux de scolarisation à 70% en 2010, avec un effort particulier en faveur des filles et des zones rurales les plus défavorisées ;
  • diversifier les formules d’éducation de base telles que les écoles satellites, les centres d’éducation de base non formelle (CEBNF), les écoles franco-arabes, les centres « d’alphabétisation des petits » ;
  • amener le taux d’alphabétisation à 40% en 2010 par le développement et la diversification des actions d’alphabétisation ;
  • améliorer la qualité, la pertinence et l’efficacité de l’éducation de base par la formation des personnels d’enseignement et d’encadrement, l’amélioration des conditions d’enseignement/apprentissage, la mise en place de projets d’écoles et un contrôle permanent de la qualité ;
  • diversifier les actions de post-alphabétisation en langues nationales et en français pour mieux assurer la formation-information des alphabétisés et créer un environnement lettré, propice au développement de l’éducation de base ;
  • renforcer les capacités de pilotage et de gestion du MEBA par la formation des personnels, le développement de l’information et de la recherche appliquée, la mise en place d’un dispositif opérationnel de suivi/évaluation des projets et programmes.

 


3. STRATEGIE DE MISE EN OEUVRE


Dans la dynamique de la décentralisation, le PDDEB sera exécuté sur la base de plan d’action annuel provincial qui prend en compte tous les besoins éducatifs de base en concertation avec l’ensemble de la société civile à l’échelon provincial.

Les commissions d’attribution des marchés au niveau provincial seront habilitées à traiter des questions de passation des marchés conformément aux manuels de procédures en vigueur.

Le PDDEB s’exécute en 4 phases successives et glissantes.
La phase 1 de 4 ans initialement prévue pour la période 2001-2005 et aujourd’hui reprogrammée pour la période 2002-2006 vise les résultats ci-après :

  • accroître le taux de scolarisation de 42% en 2001 à 56% en 2005 ;
  • augmenter le taux d’inscription au CP1 de 43% à 61% ;
  • améliorer le taux d’achèvement des élèves du primaire (ceux qui terminent leurs études primaires) de 58% à 67 % ;
  • accroître le taux d’alphabétisation de 22% à 32% ;
  • améliorer le taux de promotion qui passera de 82% à 85% ;
  • faire construire 3180 nouvelles classes et des logements de maître ;
  • reconstruire 350 salles de classes construites en matériaux provisoires et autant de logements si besoin en est ;
  • construire 200 salles à Ouagadougou et Bobo au bénéfice des promoteurs de l’enseignement privé ;
  • imprimer et distribuer aux élèves des écoles publiques et privées 4,5 millions de livres ;
  • 88 000 guides pédagogiques seront produits au bénéfice des enseignants ;
  • fournir aux écoles publiques et privées 4 500 lots de livres de référence.

Le lancement politique du Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB) du 14 septembre 2002 a été une occasion de plus pour les plus hautes autorités du Burkina et leurs partenaires d’éducation de manifester et de renouveler publiquement leur soutien sans réserve au plus ambitieux plan sous-sectoriel que le pays ait connu. La qualité et le nombre des participants à la cérémonie attestent de l’importance et de la priorité accordée à l’éducation dans notre pays. Somme toute, on peut dire que le lancement officiel du PDDEB a été l’occasion privilégiée de mobiliser l’opinion publique et internationale, les PTF, les plus hautes autorités de l’Etat, les agents du MEBA, les partenaires d’éducation du MEBA autour de la mise en œuvre de cet ambitieux plan de développement de l’éducation de base que le Burkina ait connu depuis son indépendance.

Grand, le PDDEB l’est par :

  • les montants qui y seront consacrés,
  • le nombre des acteurs qui s’y impliqueront,
  • l’étendue géographique d’exécution,
  • l’intensité de l’activité qui sera conduite dans les délais prescrits,
  • les résultats escomptés,
  • la mobilisation populaire enregistrée,
  • le nombre des partenaires techniques et financiers,
  • les innovations en matière de mise en œuvre…

     

4. DESCRIPTION DU PROGRAMME DE LA PHASE 1 DU PDDEB


L’écriture du PDDEB est faite sous la forme de 3 composantes qui sont :

  • Composante 1 : Accès
  • Composante 2 : Qualité
  • Composante 3 : Renforcement des capacités institutionnelles

Ces composantes décomposent en sous-composantes ainsi constituées :

4.1. ACCES

  • Construction/réhabilitation des écoles
  • Education des filles
  • Alphabétisation des adultes
  • Besoins d’éducation spécifique pour les enfants déscolarisés

4.2. QUALITE

  • Reforme des curricula
  • Formation initiale et continue
  • Matériels pédagogiques
  • Nutrition, santé et VIH/SISA
  • PEQ
  • Evaluation des connaissances
  • Education de la petite enfance

4.3. RENFORCEMENT DES CAPACITES

  • Etude de l’organisation et des méthodes
  • Développement des systèmes
  • Formation
  • Ressources matérielles
  • Renforcement des capacités de certaines cellules


5. BUDGET DE LA TRANCHE ANNUELLE 2003 DU PDDEB

 

Budget :

61 588 291 000 (100%)

Etat burkinabé :

43 840 291 000 (71,18%)

Fonds PPTE :

9 000 000 000 (14,62%)

Fonds PDDEB

8 748 000 000 (14,20%)



Budget national :

43 840 291 000

Personnel :

30 442 519 000 (69%)

Matériel et fonctionnement courant :

4 084 495 000 (9%)

Transferts courants

3 357 633 000 (8%)

Investissement

5 745 159 000 (13%)

 

Fonds PDDEB :

 

Sources : BM, Canada, Pays-Bas:

7 450 000 000



Composantes

Montants

%

Accès

3 924 000 000

59

Qualité

1 645 600 000

25

Renforcement des capacités

1 070 000 000

16

Totaux

6 639 600 000

100

  
6. BILAN PARTIEL D’UNE ANNEE DE MISE EN ŒUVRE DU PDDEB


Le bilan partiel provisoire d’une année de mise en œuvre laisse entrevoir des succès au-delà des prévisions les plus optimistes.

Ces résultats il faut le mettre à l’actif des plus hautes autorités du pays, des partenaires d’éducation du Gouvernement, des travailleurs du MEBA et du peuple burkinabé.

Son Excellence, Monsieur le Président du Faso s’est personnellement investi dans la promotion d’un enseignement de qualité au profit du plus grand nombre.
Au cours de l’année écoulée il a parmi d’autres actions posées en faveur de l’éducation :

  • fait un déplacement à Pantaloana (dans la Gnagna) pour apportée son soutien à l’expérimentation de l’enseignement bilingue et les écoles satellites ;
  • lors de son message de fin d’année à la Nation appelé la communauté nationale à s’investir sans retenue dans la mise en œuvre du PDDEB ;
  • lancé l’initiative 25/2005 de l’UNICEF visant promouvoir une égalité statistique d’ici 2005 en matière de scolarisation primaire entre filles et garçons dans les 25 pays les moins scolarisés.

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre a présidé la cérémonie de lancement politique du PDDEB le 14 septembre 2002. Depuis cette date il suit avec une attention particulière la mise en œuvre du PDDEB.

Un noyau ministériel (MEBA, MESSRS, MEDev, MFPRE, MATD) soutien la mise en œuvre du PDDEBet travaille à l’expression concrète de la demande éducative.

Les lancements techniques régionaux suivis des ateliers d’immersion ont contribué à créer une plate-forme d’échange et de concertation entre le MEBA, les partenaires techniques et financiers, ses partenaires sociaux (syndicats, APE, AME) afin de dégager l’approche la meilleure pour susciter et répondre de façon efficiente à l’expression de la demande éducative.

La campagne d’information, de communication et surtout de mobilisation sociale conduite tout azimut par le MEBA et ses partenaires d’éducation a été payante. La dernière en date étant la Caravane pour une inscription massive des filles conduite par la DPEF avec le concours de l’UNICEF.

Les mesures incitatives comme la gratuité des manuels et fournitures scolaires dans les 20 provinces prioritaires, la dispense des frais de scolarité pour toute fille inscrite au CP1, la distribution des manuels scolaires dans les 25 autres provinces, la promotion des cantines assistées ou endogènes …ont reçu un écho très favorable de la part des familles.

Les instructions données par le MEBA de laisser exprimer effectivement la demande éducative en recevant tout enfant dont les parents manifestent le désir de l’inscrire vise entre autre à permettre d’appliquer l’enseignement multigrade et à flux multiple.

Tous ces facteurs précités ont conduit non seulement à une prise de conscience d’un grand nombre de parents sur la nécessité de scolariser leurs enfants mais aussi ont réveillé en eux un ardent désir d’instruire leurs enfants, tous leurs enfants et tout de suite.

Mesures d’accompagnement

Face à l’urgence de répondre positivement à la demande éducative massivement exprimée, le MEBA préconise :

  • de promouvoir la pédagogie des grands groupes (enseignement multigrade, enseignement à flux multiple) ;
  • la mise en place de salles de classes en paillotes ; chacune de ces salles sera dotée de tables-bancs, d’un tableau à chevalet d’un bureau de maître. La somme de 15 millions de FCFA par province initialement prévue pour les projets communautaires sera utilisée pour la mise en place et l’équipement de ces classes en paillotes. Ces classes sont prioritaires dans les constructions 2004 du PDDEB.


Le bilan partiel provisoire est le suivant :


Au niveau de l’éducation formelle

Au 10 novembre les résultats provisoires (il manque les données de quelques circonscriptions d’éducation de base) des nouvelles inscriptions au CP1 parvenus à la DGEB sont les suivants :

Régions ANNEES SCOLAIRES
2001/2002 2002/2003 2003/2004
G F T G F T G F T
01-Boucle du Mouhoun 11 509 8440 19949 13141 10022 23163 15071 13623 28694
02-Cascades 3 432 2486 5918 4095 3022 7117 4924 4081 9005
03-Centre 13 753 13042 26795 14538 14101 28639 20939 16612 37551
04-Centre-Est 8 302 6101 14403 9534 6785 16319 12007 9987 21994
05-Centre-Nord 8 913 5483 14396 10204 6375 16579 12639 9406 22045
06-Centre-Ouest 9 901 7318 17219 12643 8873 21516 15699 13056 28755
07-Centre-Sud 5345 3996 9341 6051 4678 10729 7564 7653 15217
08-Est 5431 3867 9298 7999 5447 13446 8975 6908 15883
09-Hauts-Bassins 11671 8786 20457 13259 9913 23172 18573 15587 34160
10-Nord 12360 7214 19574 13845 8546 22391 13104 9317 22421
11-Plateau-Ccentral 5218 3678 8894 7673 5003 12676 7605 6515 14120
12-Sahel 4331 3205 7536 4948 3800 8748 7122 5530 12652
13-Sud-Ouest 6197 4190 10387 4963 3416 8379 7042 6325 13367
Burkina Faso 106363 77806 184167 122893 89981 212874 151264 124600 275864

Pour l’ensemble du Burkina les inscriptions ont enregistré en une seule année un accroissement de 29,59% en passant de 212 874 en 2002/2003 à 275 864 en 2003/2004.

A cette rentrée scolaire le pourcentage des filles inscrites au CP1 est de 45,17% et celui des garçons est de 54,83%. L’objectif de 50% de filles pour 50% de garçons est en passe d’être atteint.

Les donnés provisoires donnent un taux brut d’admission au CP1 est de 71,41% pour les garçons, 60,50% pour les filles et 66,09% pour l’ensemble (garçons plus filles).

Au cours de l’année scolaire 2002/2003 nous avons enregistré une régression des taux de redoublement et d’abandon et un accroissement des taux de promotion. Le résultat au CEP a franchi la barre de 70% de succès, objectif attendu à la fin du PDDEB en 2011.


Au niveau de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle (AENF)

Au niveau de l’AENF on peut noter que les données statistiques révèlent un bilan également satisfaisant de l’exécution du programme. Les indicateurs montrent une tendance positive et l’apport du FONAENF se fait déjà sentir. En alphabétisation initiale (AI), pour l’année 2002-2003, on constate une augmentation considérable par rapport à la campagne 2001-2002, le nombre total d’apprenants passant de 106 640 à 154 481, soit une augmentation de 44,9 %. Le nombre d’apprenants en 2003 a ainsi dépassé les prévisions et a permis de rattraper les retards des années précédentes. Toutefois, la proportion des femmes est passée de 57,4 à 54,7%. Pour les 20 provinces prioritaires, la croissance a été de 58 795 à 77 641, soit 32,1%.

Pour ce qui est de la formation complémentaire de base (FCB), on est passé de 31.433 à 49.529 apprenants entre 2001-2002 et 2002-2003, soit une augmentation de 57,7% et, chez les femmes, de 14.547 (46,3%) à 25.120 (50,7%).

En formation technique spécifique (FTS), en 2002-2003, on note l’absence de données statistiques pour la plupart des provinces. Des mesures devront être prises pour intégrer ces données pour une formation qui allie connaissances instrumentales et développement socio-économique.

  
7. LE PDDEB LEVIER DE L’EPT


Le PDDEB initialement prévu pour etre exécuté de 2000 à 2010 et reprogrammé pour la période 2001-2011 devrait scolariser dans le meilleur des cas 70% des enfants d’age scolaire. Ce qui reste largement en deçà de l’objectif de scolarisation universelle poursuivie par le Burkina Faso et ses partenaires d’éducation.

L’avènement au plan international de l’initiative Education pour tous (EPT) prévoyant la scolarisation universelle d’ici 2015 arrive à point nommé.

En effet, non seulement l’expérience acquise au niveau du montage du PDDEB a permis au Burkina d’être élu parmi les quatre pays à bénéficier des fonds mobilisés pour financer l’EPT mais aussi et surtout, l’EPT va permettre au Burkina Faso, de renforcer les acquis du Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB).