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1. LA SITUATION DE L'EDUCATION DES FILLES AU BURKINA FASO

Après l'indépendance des pays africains, leurs populations restent confrontées au phénomène d'analphabétisme qui touche la majorité d'entre elles, notamment les filles et les femmes.

Ce fléau qui secoue le continent constitue un sérieux handicap pour son décollage économique car il existe une forte corrélation entre le taux de scolarisation d'un pays et son niveau de développement: plus le taux est bas, moins le pays est développé.

Au Burkina Faso, le système éducatif formel est caractérisé par un faible accès à l'école pour tous les enfants scolarisables. Le taux d'admission apparent était de 27 ,6% en 1995 pour tous les enfants tous sexes confondus 21,84% pour les filles et 33,24% pour les garçons.

A cette même période (1995} le taux de scolarisation global était de 37,47% dont 44,55% pour les garçons contre 30,07% pour les filles. En 2000 à la fin du siècle ce taux est toujours l'un des plus faibles de la sous région: 41 ,3% dont 47' 7 % pour les garçons contre 34,5% pour les filles . Par ailleurs la faible rétention des systèmes éducatifs reste un problème alarmant.  Le taux de rétention est bas (60%) surtout en milieu rural (49%) et particulièrement pour les filles (41 %).

Le système éducatif reste caractérisé par des taux de redoublement élevés : 15% entre la première année et la cinquième année du primaire et environ 40% au CM2.
Beaucoup d'enfants n'achèvent pas le cycle complet de l'enseignement primaire et ceux qui ont eu une scolarité réduite ou qualitativement insuffisante retomberont dans l'analphabétisme.

Le retard de scolarisation féminine constitue un frein à la participation de la femme au secteur moderne. Les conditions socio-économiques et les pesanteurs sociologiques et culturelles déterminent également la faible productivité des femmes. Une importante partie de la population scolarisable est en dehors de l'école. Même en ce qui concerne les enfants scolarisés on enregistre des disparités entre provinces et entre villes et campagnes. Aussi les écarts persistent entre garçons et filles à travers tout le pays.
Sous l'action conjugué des partenaires à l'éducation, ONG, des communautés locales et de l'Etat, l'augmentation du nombre de classes ainsi que l'introduction des innovations dans le système éducatif (création des Ecoles Satellites, des classes multigrades, des doubles flux.. etc.) ont contribué à l'accroissement du taux de scolarisation, particulièrement celui des filles.

Dans le domaine de l'éducation, la situation de la femme est intimement liée au système éducatif dans son ensemble. Depuis le processus de démocratisation, la mise à l'écart de la vie politique nationale d'un peu plus de la moitié de la population du fait de l'analphabétisme, est considérée à juste titre, comme une atteinte à la démocratie. La Constitution est un droit pour tout citoyen. En ne pouvant pas garantir ce droit à tous les enfants burkinabé, l'Etat est conscient de ce que cela représente comme lacune dans la quête d'une plus grande participation populaire à la vie de la Nation. En ne pouvant pas assurer le peu de scolarisation existante aux élèves des deux sexes, de la même manière, l'Etat est conscient qu'une injustice est commise et qu'il convient de réparer au plus tôt.

L'éducation au Burkina Faso est caractérisée par d'importantes disparités entre garçons et filles, tant au niveau de l'accès à l'école, au déroulement de la scolarité que de la réussite aux examens. En effet, on attache plus d'importance à l'éducation des garçons qui sont formés pour des rôles de supériorité alors que l'éducation des filles est laissée aux femmes. Indépendamment du fait que la situation d'inégalité face à l'éducation des filles par rapport aux garçons constitue une forme de ségrégation passive et une forme de discrimination sexuelle contraires à la loi. L’Etat renforcerait ses moyens pour atteindre les objectifs du développement économique visé en accordant une attention aux filles dont l'éducation a un effet multiplicateur. Comme le dit l'adage "Eduquer un garçon, c'est éduquer un individu, éduquer une fille c'est éduquer une nation", scientifiquement étayé par les études récentes de la communauté internationale.

Certes, la situation n'est pas tout à fait statique mais l'évolution positive est très lente. C'est ce déséquilibre manqué et persistant que l'Etat burkinabé voudrait réduire significativement d'ici dix ans (2001-2010) afin d'atteindre tous ses objectifs de développement économique et social. L'éducation des filles représente en effet un enjeu important.
En ce qui concerne l'accès des femmes et des filles à l'éducation et la formation, la volonté politique s'est manifestée à travers : La Constitution du Burkina Faso ainsi que plusieurs Conventions auxquelles notre pays a souscrit, établissant une égalité entre l'homme et la femme, la fille et le garçon.

En effet la loi fondamentale de notre pays stipule que : Tous les Burkinabè naissent libres et égaux en droit, les discriminations de toutes sortes, notamment celles basées sur la race, l'ethnie, la religion, la couleur, le sexe sont prohibées. Elle prône l'égalité de tous devant le droit à l'éducation, l'instruction, la formation ou le travail et fustige toute tentative de discrimination se fondant notamment sur le sexe.

De même, les enfants sont égaux en droit et en devoir dans leurs relations familiales, les parents ont le droit et le devoir naturel d'élever et d'éduquer leurs enfants. Ce qui veut dire notamment que les parents devraient scolariser les enfants des 2 sexes sans en privilégier l'un deux.

Les principaux obstacles à la scolarisation :

  • historiques et politiques
  • économiques
  • socio -culturels
  • pédagogiques et institutionnels

2.1. HISTORIQUES ET POLITIQUES

L'administration coloniale a volontairement limité la scolarisation des peuples africains. Les objectifs assignés à l'école coloniale étaient :
Assurer la collaboration des chefs à travers leurs fils, ce qui a permis aux garçons de prendre une avance historique sur les filles. Elles ont eu accès à l'école que grâce aux missionnaires, qui poursuivait des objectifs religieux (former de bons chrétiens).
L'Etat indépendant a également assigné involontairement des objectifs politiques à l'école qui ont maintenu le retard historique et l'ont même accentué par la recherche d'une élite pouvant assurer le développement rapide du pays.

2.2. ECONOMIQUES

Le Décret N°289 bis/PRES/EN stipule que :" la scolarisation primaire est obligatoire et gratuite dans les limites des places disponibles".

La stipulation du décret renvoie à une préoccupation constamment rappelée, le manque des ressources pour concrétiser la volonté étatique proclamée de scolariser tous les enfants d'âge scolaire.

La pauvreté des parents est l'obstacle le plus important à la scolarisation des filles. Même lorsque l'école est gratuite, les livres et fournitures doivent être achetés. Cela constitue un obstacle insurmontable pour les familles nombreuses et pauvres .

Pour les familles très pauvres, marier la fille le plus tôt possible devient une nécessité économique.

Pendant longtemps l'école a été perçue comme un facteur de promotion sociale et économique permettant d'exercer des métiers modernes, d'avoir un revenu régulier et de soutenir la famille restée au village. Aujourd'hui, le chômage des diplômés est une réalité qui décourage les parents et influe négativement sur la scolarisation des filles.

Dans notre pays, le volume de travail des petites filles est important. L'aide qu'elles apportent à la famille concerne aussi bien les tâches et les responsabilités domestiques que les travaux agricoles, l'artisanat et le petit commerce. Cette aide constitue une part appréciable dans l'économie familiale. Par conséquent, envoyer les filles à l'école est un manque à gagner pour les familles démunies.

2.3. SOCIO CULTURELS

Les traditions ancestrales et la division sexuelle du travail placent la fille et la femme en situation d'infériorité et limitent leur disponibilité pour les activités d'éducation et de formation.

Les communautés perçoivent l'école comme une institution qui influence négativement les enfants et particulièrement les filles en inculquant des attitudes d'antagonisme envers la culture de leurs parents.

Pour des nombreuses familles, d'éducation scolaire provoque chez les filles un changement de comportement qui menace le statut quo dans l'ordre social fondé sur la primauté de l'homme sur la femme et de la communauté sur l'individu.
A cette perception négative de l'école s'ajoutent les pratiques traditionnelles des mariages forcés et précoces des filles.

2.4. PEDAGOGIQUES ET INSTITUTIONNELS

Les programmes, les contenus et les méthodes sont en rupture avec le milieu traditionnel.

L'influence de certains enseignants qui n'ont pas le même comportement vis-à-vis des filles que les garçons. Les filles ne sont pas encouragées à cause de l'attitude sexiste de ces enseignants qui perpétuent l'idée de l'inégalité entre sexes.

La présence de stéréotypes sexuels dans les manuels scolaires. Les conditions précaires de nos écoles les installations insalubres, l'absence des infrastructures d'hygiène (points d'eau et latrines) sans compter l'insuffisance de matériel pédagogique etc.

L'éloignement de l'école par rapport au domicile est un facteur d'insécurité pour les filles. L'inadaptation des programmes au besoin et conditions de la vie de femmes.

L'insuffisance d'homogénéité dans les groupes (sexe, âge, préoccupations) sont des freins à une participation massive des femmes aux séances d'alphabétisation.


 3. CREATION DE LA DIRECTION DE LA PROMOTION DE L'EDUCATION DES FILLES (DPEF)

Après les années 1960 les pays d'Afrique se heurtent aux problèmes de l'éducation. 95% de la population est analphabète. La scolarisation est un problème qu'il faut résoudre.

En Septembre 1989, s'est tenue au Quebec la Conférence des Ministres de la CONFEMEN. La résolution issu de cette Conférence est la mise en place d'une structure qui doit s'occuper du dossier de la femme. C'est ainsi que le Service de Promotion et de Scolarisation des filles (SPSF) fut crée et rattaché à I. P .B .

En 1990 à Jomtien en Thaïlande à la Conférence Mondiale sur « l'Education pour tous d'ici l'an 2000 », la question de l'éducation des filles est devenue une priorité pour bon nombre de pays en voie de développement et pour la communauté internationale.

En 1991 1'adoption d'un Plan d'Action des Stratégies Nationales, pour le renforcement du rôle des femmes dans le processus de développement n'a pas négligé l'aspect de l'éducation de la fille et de la femme.

Au Burkina cette volonté s'est traduite par :
L'accueil par le Burkina Faso de la Conférence Panafricaine sur l'Education des Filles, en Mars 1993 sur parrainage conjoint UNESCO/UNICEF ou la scolarisation des filles est devenue un problème qu'il faut résoudre impérativement

Suite à la Conférence, en Mai 1993 un Comité National pour l'Elaboration et le Suivi du Plan d'Education des Filles au Burkina Faso a été crée. Il fut placé sous la Présidence d'honneur de Mme Chantal Compaoré, Epouse du Chef de l'Etat.

Le Service de Promotion et de Scolarisation des filles (SPSF) qui fut créé en 1989 est remplacé en Novembre 1993 par le Service de Promotion et d'Education des Filles (SPEF)

En 1994 le Plan d'Action pour l'Education des Filles a été adopté en Conseil des Ministres
La mise en œuvre du Plan d'Action a pour objectifs:

  • L'accroissement du taux de scolarisation des filles ;
  • Le maintien et la réussite des filles à l'école ;
  • La diminution des déperditions scolaires.

En octobre 1996, le SPEF a été érigé en Direction et placé sous l'autorité de la DGEB et appelé : Direction de la Promotion de l'Education des Filles (DPEF)


 4. LES ACTIONS MENEES PAR LA DPEF EN FAVEUR DE LA SCOLARISATION DES FILLES 

Le Plan d'Action pour L'Education des Filles, comporte plusieurs objectifs. Dans le cadre de l'atteinte de ces objectifs des activités ont été réalisées avec l'appui de certains partenaires (UNESCO, CEE, UNICEF, Banque Mondiale)
Activités réalisées :
Recherche -information

  • Etude sur la sous-scolarisation des filles au Burkina Faso, menées dans huit (8) provinces: 6 à faible taux de scolarisation des filles: (Ganzourgou, Namentenga, Oudalan, Poni, Sissili, Tapoa) et 2 provinces témoins à fort taux de scolarisation des filles: (Kadiogo, Sourou).
  • Etude sur le projet d'évaluation de la relation élèves /maître avec un accent particulier sur les filles.
  • Demande d'appui de la Direction de la Promotion de l'Education des filles (DPEF) pour les activités en faveur des filles (critiques - amendements sur les films - pièces théâtrales mémoires, thèmes, conférences.)
  • Mise en place progressive d'un centre de documentation et d'information et d'une banque des données sur l'éducation des filles et des femmes
  • Rénovation des Programmes d'éducation formelle et non formelle
  • Elaboration des programmes des Ecoles Satellites et des Centres d'Education de Base Non Formelle (ES/CEBNF) avec de nouveaux contenus tels que l’Education en Matière de Population, l’Education à la Vie Familiale (EMP/EVF), les droits de l'homme, la question du genre (égalité hommes/femmes), nutrition, environnement.
  • Analyse des manuels et programmes scolaires en vue d'enrayer les stéréotypes sexistes ;
  • Diffusion des résultats de l'analyse des manuels scolaires à l'intention des cadres de l'enseignement de base et des communicateurs.
  • Diffusion des résultats des études sur la sous-scolarisation à l'intention des Associations, des Médias, des Femmes Leaders.
  • Elaboration des objectifs généraux en vue de l'élaboration des modules d'alphabétisation des AME.
  • Réduction des disparités entre filles et garçons
  • L'élaboration des modules d'évaluation de la relation élèves/maître avec un accent particulier sur le cas des filles
  • Conférences, séminaires avec encadreurs et enseignants sur la problématique de l'éducation des filles dans les dix huit (18) provinces les plus défavorisées.
  • Formation des enseignants
  • Elaboration du module sur l'évaluation de la relation élève/ maître avec un accent particulier sur le cas des filles.
  • Conférences, séminaires sur la problématique de l'éducation des filles
  • Formation des Encadreurs, Enseignants et Elèves Maîtres sur la problématique de l'éducation des filles.
  • L'amélioration de l'environnement scolaire
  • Encouragement à la construction de latrines par sexe dans les différentes écoles ;
  • Mesures incitatives telles que :
    • Dotation gratuite, pour exploitation de 5 196 manuels scolaires aux Filles dans 110 écoles des 11 provinces les plus défavorisées (Ganzourgou, Gnagna, Sanmatenga, Gourma, Poni, Tapoa, Oudalan, Séno, Namentenga, Kossi, Soum).
    • Dotation gratuite, aux filles d'une ration supplémentaire de 10kg de farine à emporter (Gnagna, Namentenga, Séno, Oudalan).
  • Sensibilisation des populations à la nécessité d'éduquer les filles et les femmes
  • Séances de sensibilisation au cours des sorties - terrains, des conférences - débats dans les provinces.
  • Dans le cadre de la campagne de sensibilisation dans les provinces à très faible taux de scolarisation des filles, des résultats encourageants ont été enregistrés, aussi bien en termes d'accès qu'en termes de taux de scolarisation des filles.

La création des AME, s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d'Action en faveur de l'Education des Filles et des femmes, avec des ambitions nationales de lutte contre la pauvreté au Burkina Faso.

L'Association des Mères Educatrices (AME) est un cadre spécifique sinon une structure regroupant toutes les femmes ayant des enfants à l'école et des volontaires qui adhèrent aux objectifs des AME.

Elle permet à celles-ci de s'exprimer, d'exposer leurs problèmes de mères d'élèves, de rencontrer une oreille attentive pour la résolution de ces problèmes, de s'épanouir à travers leur responsabilisation, enfin de traduire leur force et leur volonté d'aller de l'avant par leur participation effective à l'action éducative.

Cependant, ce cadre qui se veut dynamique et constructif, n'a pas pour vocation de supplanter l'Association des Parents d'Elèves (APE), mais plutôt de la soutenir dans l'effort de promotion de l'éducation des filles.

Les AME visent les objectifs suivants :

  • Conscientiser non seulement les mères, mais aussi les populations sur les problèmes qui entravent l'éducation des enfants en général et des filles en particulier ;
  • Aider les mères à s'organiser pour mieux s'impliquer dans l'action éducative ;
  • Former les mères d'élèves pour la prise en charge effective de leurs enfants ;
  • Permettre à la petite fille d'accéder à l'éducation ;
  • Permettre à la fille de disposer de plus de temps pour ses études ;
  • Contribuer ainsi à réduire de façon sensible, le taux de déperditions scolaires des filles ;
  • Créer des relais susceptibles de soutenir la DPEF dans toutes ses entreprises ;
  • Susciter un effet démultiplicateur des activités réalisées par la DPEF ;

On pourrait résumer les objectifs en disant que les AME visent à impliquer davantage les femmes dans la gestion de la communauté scolaire aux côtés des hommes et permettre aux mères éducatrices de conjuguer leurs efforts au sein d'un cadre démocratique qui garantit leur pleine participation à l'éducation, l'instruction et la formation de leurs enfants en général et de leurs filles en particulier.

Afin d'atteindre ces objectifs, les AME ont adopté la stratégie basée sur une approche multisectorielle interactive, impliquant les différentes couches sociales et secteurs concernés dans un système de partenariat dynamique :

Ces stratégies sont les suivantes :

  • La participation effective de toutes les femmes, mères éducatrices ;
  • L'implication et le soutien des ONG locales ;
  • L'élaboration et la mise en œuvre de micro -projets et d'activités génératrices de revenus ;
  • L'inclusion d'un programme d'alphabétisation aux activités des AME ;
  • L'information, l'éducation et la communication (IEC) dans le programme d'activités des AME ;
  • La mobilisation sociale.


Les résultats attendus sont :

  • L'accroissement du taux de scolarisation des filles ;
  • La réduction des déperditions scolaires ;
  • La réduction de l'écart entre le taux de scolarisation des filles et celui des garçons ;
  • L'existence de relais susceptibles de soutenir la DPEF dans ses actions, notamment dans la mise en œuvre du plan d'action en faveur de l'éducation des filles et du programme décennal de développement de l'éducation PDDEB.

Depuis la rentrée scolaire 1998-1999, des AME œuvrent dans des écoles de vingt trois (23) provinces du Burkina.

N. B. Depuis Novembre 1992, des AME ont été créées dans les écoles de la province de la Sissili. Au nombre de 5 en 1993, elles couvrent 25 écoles actuellement.
L'expérience de la Sissili a amené la DPEF à mettre en place des AME progressivement dans les provinces à très faible taux de scolarisation des filles notamment le Sanguié, le Ganzourgou, le Yagha, la Komondjari etc. A l'heure actuelle, plus de la moitié des provinces du Burkina ont des AME. 

MPF/ PAPF
Dans le cadre de la lutte pour la promotion de l'éducation des filles, la DPEF avec l'appui du (PACEB) amis en place des Micro-Projets (MPF) et des Plans d'Action Provinciaux (PAPF) pour l'éducation des filles ,dans les provinces où le taux de scolarisation des filles est très faible < à 25% .
Ces activités génératrices de revenus constituent l'un des moyens le plus sûr pour les AME de venir en appui à l'éducation de leurs enfants.
Débuté en 1997-1998 dans huit (8) provinces aujourd'hui las PAPF et les MPF couvrent quinze (15) de nos provinces où le taux de scolarisation de filles est particulièrement préoccupant. Ce sont : 


Régions Provinces Avant la sensibilisation 97/98 Après la sensibilisation 1999/2000
    F+G G F %F F+G G F %F
N SOUM 1 747 1 119 628   2 610 1 504 1 106  
SAHEL OUDALAN 1 269 784 485   1 466 868 598  
  SENO 1 520 938 582   1 978 1 232 746  
  YAGHA 1 116 667 451   1 320 786 534  
EST GNAGNAN 1 767 1 103 664   2 256 1 380 876  
  GOURMA 2 220 1 276 944   2 599 1 487 1 112  
  KOMANDJARI 483 295 188   516 296 220  
  KOMPIENGA 514 336 178   605 369 236  
CENTRE SANMATENGA 5 493 3 532 1 961   6 182 4 007 2 175  
NORD NAMENTENGA 2 197 1 421 776   2 059 1 317 742  

Source : statistiques scolaires 1997 - 2000


TBS

Régions Provinces Avant la sensibilisation 97/98 Après la sensibilisation 1999/2000
    %(F+G) %G %F %(F+G) %G %F
N SOUM 16,6 20,9 11,9 20,8 25,6 15,8
SAHEL OUDALAN 18,6 22,8 14,1 22,8 26,7 18,4
  SENO 15,3 17,7 12,6 18,9 21,7 15,7
  YAGHA 10,6 12,7 8,2 18 21,3 14,5
EST GNAGNAN 13,5 17,8 8,9 15,8 19,8 11,6
  GOURMA 27,7 31,8 23,2 29,7 33,5 25,6
  KOMANDJARI 7,6 9,2 5,7 15,2 17,6 12,5
  KOMPIENGA 26,1 32,2 19,3 35,1 42,8 27
CENTRE SANMATENGA 25,7 33,7 17,4 30 38,5 21,2
NORD NAMENTENGA 20,5 27,3 13,4 21,9 28,4 15

Source : statistiques scolaires 1997 - 2000

Dans chaque province, un répondant est désigné; il a la charge de coordonner les activités de la Direction de la Promotion de l'Education des Filles au niveau local sous la supervision du Directeur Provincial de l'Enseignement de Base.

A ce jour il existe 44 MPF élaborés par 44 écoles connaissant des difficultés dans le domaine de la scolarisation des filles (mauvaise fréquentation, inscriptions insuffisantes, taux de réussite faible etc.).

Bien que le but essentiel du MPF est une amélioration de la scolarisation des filles (augmentation des inscriptions, des taux de réussite et de la fréquentation), un objectif non moins important reste le rapprochement de l'école de la communauté villageoise pour favoriser d'une part une meilleure compréhension du bien-fondé de l'école et d'autre part un partenariat efficace.

Un grand nombre d'écoles choisissent de mener des activités génératrices de revenus dans le but d'acheter des fournitures scolaires et réduire les frais de scolarité de leurs enfants. 

Exemple d’activités planifiées et organisées par les AME et les APE

Entretien du jardin scolaire organisé Achat de pétrole pour les cours du soir Suivi des élèves à domicile
Collecte et distribution du fumier organique pour le jardin scolaire Sensibilisation dans les villages environnants Organisation d’une équipe de sensibilisation et de leurs sorties
Responsabilisation des membres de chaque bureau sensibilisation et recensement des filles dans les Création d’un comité de gestion du micro – projet et ouverture d’un compte d’épargne à la caisse populaire Etablissement d’une cotisation pour la scolarisation des filles.

 

différentes familles    
Organisation d’un champ communautaire de l’école Participation aux études surveillées. Répartition des travaux par quartiers, restauration des travailleurs (qui ont creusé le puits), participation aux travaux
L’APE participe financièrement à l’achat de cadeaux pour encourager les filles, l’AME sensibilise pour alléger les travaux domestiques des filles    


 

Création d’un champ d’arachide pour générer des fonds Initiation d’une savonnerie pour avoir un fonds de roulement qui permettra de renouveler le matériel de couture des cours des filles Désir d’abolition du mariage précoce et forcé afin de Permettre aux filles de bénéficier des bienfaits de l’école
Rencontre pour discuter des moyens d’améliorer la scolarisation des filles Cotisation de 100 F par mois et par femme pour la scolarisation des filles (x2) Lutte contre l’échange des filles dans les villages
Sensibilisation Information aux populations de la date du recrutement dans les lieux de rencontre Activités génératrices de revenus (collecte des amandes de karités etc.)


Il est à remarquer que la plupart de ces activités sont planifiées, coordonnées et mise en œuvre par les AME des écoles concernées, preuve que ces associations s'impliquent de plus en plus dans la scolarisation de leurs filles.
Les MPF ont eu un impact positif sur la scolarisation des filles. Ainsi, 56% des écoles ont effectivement connu une amélioration du taux de fréquentation des filles et 70% une diminution du nombre d'abandons.

Evolution des effectifs scolaires à la Gnagna

Ecole de Tiéri

Années Effectifs Filles
1996/97 3
1998/99 31
1999/2000 ND

 

 

5. PERSPECTIVES

D'ici 2010 le BURKINA Faso a en perspective de promouvoir l'Education des Filles et des Femmes par la mise en œuvre du Plan Décennal de Développement de l'Education de Base (PDDEB).
Les objectifs du plan sont :

  • Scolariser 60% de la population âgée de 7-12 ans d'ici 2010 ;
  • Atteindre un taux brut de scolarisation (TBS) de 70% d'ici 2010 ;
  • Faire passer le taux de scolarisation des filles de 34,7% en 2000 à 60% en 2010 ;
  • Ramener le taux de redoublement de 10,5% en 2000 à 7% en 2010 ;
  • L'amélioration de l'accès, du maintien et de la réussite des filles à l'école élément déterminant pour le développement de la scolarisation ;
  • Améliorer la qualité et la pertinence de l'enseignement.

L'attention devra être portée principalement sur:

  •  La réduction des déperditions scolaires;
  •  La rénovation des programmes de l'éducation formelle et non formelle ;
  •  L'expansion du système ;
  •  La participation communautaire qui sera sollicitée tant pour l'expansion du système que pour l'amélioration de sa qualité;
  •  La diversification de l'offre de l'éducation grâce à des innovations éducatives.
  •  L'amélioration de l'efficacité, de la pertinence et de l'équité de l'enseignement ;
  •  Le développement organisationnel et des capacités de gestion du système.


Approche retenue:

  • La participation communautaire
  • La réduction des coûts d'éducation
  • La diversification de l'offre d'éducation


Pour atteindre les objectifs, la structure chargée de la mise en œuvre du plan d'action pour l'éducation des filles DPEF, se propose :

  • De poursuivre l'étude sur l'éducation des filles afin de finaliser le plan d'action destiné à promouvoir l'éducation des filles ;
  • La formation et d'alphabétisation des AME ;
  • Le renforcement de l'enseignement moral et civique à l'école primaire ;
  • La mise en place au niveau de toutes les 45 DPEBA des répondants DPEF et des AME ;
  • De créer des projets pilotes au profit des filles et des femmes dans (3) trois provinces ( Gourma, Ganzourgou, Séno) ;
  • De développer des échanges de point de vue avec des responsables de l'Education de quelques pays de la sous région par le canal de voyages d'études ;
  • De poursuivre et renforcer les campagnes de sensibilisation des populations aux avantages de la scolarisation des filles avec comme objectif l'amélioration de la pertinence et de la qualité de l'éducation ;
  • D'impliquer davantage les communautés locales ou régionales dans le choix et la mise en œuvre des projets d'Education ;
  • D'inciter les partenaires à l'éducation à poursuivre le mesures incitatives transitoires a savoir donner aux élèves filles des fournitures gratuites, des allocations ou autres avantages pouvant encourager l'envoi des filles à l'école ;
  • Promouvoir une école productrice capable de s'autofinancer et de décharger ainsi les parents ;
  • Concilier le calendrier familial et le calendrier scolaire (allégement des tâches domestiques) ;
  • Mettre en place une politique économique, favorisant davantage l'accès des femmes aux emplois rémunérés, l'accès aux crédits, la création d'entreprises par les femmes elles-mêmes, renforcer la mise en œuvre de plans intégrés ;
  • Venir en appui aux AME dans la mise en œuvre de leur micro- projets ;
  • Elever le niveau d'éducation, d'information et de formation de la femme ;
  • Amener la jeune fille à intérioriser une image plus positive d'elle-même ;
  • Initier les femmes aux activités diverses: gestions des projets, comptabilité, nouvelles techniques culturales, de conservation ou de transformation des aliments.
  • L'adaptation des programmes aux besoins spécifiques des filles et des populations, la liaison école milieu, l'adéquation éducation/emploi.
  • Développer un partenariat et notamment la participation plus importante des communautés de base à la vie de l'école.
  • Améliorer les rendements scolaires en élaborant des contenus plus motivants ôtés de tous stéréotypes sexistes, en renforçant l'encadrement pédagogique surtout en ce qui concerne les femmes ;
  • Réduire les disparités entre garçons et filles en particulier dans les provinces les plus défavorisées ;
  • Prise en compte des besoins et des préoccupations des filles et des femmes dans la rénovation des programmes d'enseignements ;
  • Mise en place d'un système non formel pour favoriser l'accès des filles à l'éducation

CONCLUSION


L'éducation des filles est un impératif moral pour toute la communauté internationale et un investissement rentable pour nos populations.

En effet, le développement durable et la paix auxquels aspire l'humanité ne sont possibles que si l'on implique en premier lieu les jeunes filles et les femmes.

Pour cela, il nous faut enrayer à terme les disparités criardes entre les sexes dont celles-ci font les frais en trouvant des solutions adéquates aux multiples obstacles qui entravent leur accès, leur maintien et leur réussite à l'éducation et à la formation que ce soit au niveau formel ou non formel. La volonté politique existe au Burkina quant à la promotion des filles et des femmes.

Ces solutions qui doivent se situer aux niveaux politico -administratif, économique, socio culturel et institutionnel doivent faire appel à des formules novatrices réalistes mais résolument audacieuses. On ne peut prétendre transformer des mentalités forgées par plusieurs générations de tradition en adoptant des démarches trop timides.

Notons que l'Education officielle, formelle ou non formelle doit venir en complément de l'éducation familiale si l'on ne veut pas assister à une perpétuation de la perversion des valeurs, de la crise de l'éducation telle que nous les vivons actuellement.

La mise en œuvre du PROGRAMME CONJOINT BURKINA FASO/SYSTEME DES NATIONS UNIES DE SOUTIEN A L'EDUCATION DE BASE (PC .SEB) devra nous amener à terme en 2004 avec une importante banque de données sur l'éducation des filles et des femmes, des programmes rénovés qui tiennent compte des besoins spécifiques des filles et des femmes ,une réduction sensible des écarts filles/garçons femmes/hommes en matière d'éducation, des maîtres plus avertis de la problématique de l'éducation des filles, du genre, un meilleur apprentissage, une amélioration du statut de la femme et des populations sensibilisés davantage à la nécessité d'offrir une éducation et une formation de qualité.

Synthèse réalisée à partir du document intitulé « Actions menées par la DPEF en faveur de l’éducation des filles » de Madame Yaméogo/Lucan Angèle en service à la DPEF